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Témoignage

«Comment j'ai vécu ma deuxième grossesse après des années d'infertilité»

Un premier enfant difficile à concevoir

Mariée depuis quelques années à Claude, heureuse et épanouie professionnellement et personnellement, il ne manquait qu'une seule chose pour combler ce bonheur : des enfants ! Pourtant, rien ne s'est véritablement passé comme prévu. Avec Claude, les essais se sont cumulés... mais les fausses couches avec. Nous pensions alors a des éventuelles solutions de secours comme l'adoption. Imaginer notre vie sans enfant nous était impossible. Après maintes récidives, notre souhait a enfin été exaucé ! J'attendais un petit garçon. Cette grossesse, je l'ai vécue sous le signe de la joie. Elle a effacé, en quelques secondes, les instants difficiles du passé. Je me sentais épanouie, ravie de porter en moi ce petit être.

Des contractions indolores

J'étais impatiente de rencontrer mon petit garçon... Mais il semblait que lui aussi était pressé de faire notre connaissance. Alors que je me rendais à l'hôpital pour un examen de routine qui ne devait durer que quelques minutes, je suis finalement restée une semaine. Les différents tests réalisés révélèrent alors un problème de taille: j'avais le col dilaté, j'étais sur le point d'accoucher ! L'infirmière, incrédule me dit alors :

- "Madame, vous ne ressentez pas les contactions ?"

- "Non, pourquoi je devrais ressentir quelque chose en particulier ?"

- "Oui ! Des douleurs dans le ventre qui annoncent les débuts de l'accouchement".

Je ne ressentais absolument rien. Aucune douleur à l'horizon. Le seul signe qui m'indiqua que le travail commençait était la perte des eaux. J'ai alors compris que mon fils arrivait.

Un diagnostic difficile à accepter

Piqûres à répétition, repos forcé, tout a été tenté pour éviter l'accouchement qui semblait pourtant inévitable. Une semaine plus tard, Antoine pointait le bout de son nez, en seulement deux heures de travail et sans péridurale. Après avoir mis au monde mon fils, la sage-femme me l'installa et m'annonça soudainement ce que je redoutais le plus: mon infertilité "Madame, vous n'avez pas un corps pour enfanter. Ce sera votre seul enfant !". Epuisée par l'accouchement, je n'avais pas réagi sur l'instant. Après coup, ce fut une vérité dure à accepter. Je tenais entre mes bras mon petit Antoine, et je réalisais alors que ce serait mon seul et unique enfant, que je le veuille ou non.

Huit ans plus tard, la surprise !

Les années ont ensuite défilé. Nous gardions toujours espoir d'avoir à nouveau un enfant, mais nous savions que ce n'était pas possible. Mon corps en avait décidé autrement. J'avais appris à accepter mon infertilité. Je ne me posais aucune question. C'était ainsi. Pour mon petit Antoine, c'était une autre histoire. Son seul souhait était d'avoir un petit frère ou une petite sœur pour jouer avec lui. Il demandait régulièrement s'il pouvait avoir ce cadeau. Etre enfant unique n'était pas forcément facile à vivre pour lui. Pourtant, à ses huit ans, il eut le meilleur cadeau que nous puissions lui offrir :

-"Antoine, maman et papa veulent te parler. Nous avons une très bonne nouvelle à t'annoncer. Elle devrait te faire plaisir !".

-"Je vais avoir un vélo pour mon anniversaire ?", nous demande-t-il content.

-"Mieux que ça ! Tu vas avoir un petit frère !".

En effet, j'avais un retard de règles de quelques jours. Instinctivement, j'ai pensé à un second enfant. Après avoir réalisé un test de grossesse pour en avoir la certitude, j'avais la confirmation. Je n'en revenais pas. Claude et moi avons beaucoup pleuré tant ce bébé relevait du miracle. Malgré mon infertilité, j'allais devenir maman pour la seconde fois.

Trois mois interminables

Comment était-ce possible ? N'étais-je pas trop âgée pour avoir un second enfant ? Arriverais-je à garder cet enfant dans mon ventre ? De nombreuses questions me submergeaient. Pourtant le temps passa et mon ventre s'arrondit. Malgré mes inquiétudes, mon début de grossesse se passa sans embûche. Aucune fausse couche, aucun signe de grossesse... ma grossesse se passait bien, trop bien peut-être. Arrivée à mon sixième mois de grossesse, je rencontrais mes seules et uniques difficultés : mon ventre ne cessait de se contracter et de se durcir. Paniquée, je fis venir la sage-femme. Elle m'ausculta. Le verdict tomba "Madame, vous devez absolument rester allongée jusqu'à la fin de votre grossesse. Vous risquez d'accoucher d'une minute à l'autre. C'est le seul conseil que je puisse vous donner". Intérieurement, je me dis que l'histoire se répétait. Je revivais mon premier accouchement une seconde fois. Je repensais aux nombreuses piqûres pour éviter la naissance d'Antoine et finalement son arrivée imprévue un mois avant le terme. Il n'était pas question de revivre cette situation. Allongée dans mon lit, je comptais les jour.  J'attendais patiemment que ces trois longs mois s'écoulent...

Une naissance, un 1er janvier, à l'aube d'une nouvelle vie

Noël, puis le jour de l'An défilèrent sous mes yeux, sans que j'en goûte la saveur. J'étais clouée au lit. Le 1er janvier, je pris la décision de rendre visite à mes parents. Je ne supportais plus de rester sans cesse allongée, à attendre. Le trajet ne dura que 10 minutes, mais ce fut suffisant pour rompre la poche des eaux. A peine arrivée, nous avons fait demi-tour et sommes repartis en direction de la maternité. En quelques minutes, nous étions arrivés. Et surprise, la même sage-femme qui mit au monde premier fils, me prit en charge. Le destin voulait que ce soit elle. Après quelques heures de travail, mon fils, Jules, arriva. La famille se reformait autour d'une fratie. Et le verdict fatal prononcé huit ans plus tôt par la sage-femme a été vite oublié. Comme quoi, il ne faut jamais perdre espoir.

Rédactrice et community manager, spécialisée dans le parenting. ...
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